Depuis l’enfance, j’ai toujours voulu créer ma propre marque, même si je n’avais aucune idée de ce qu’elle proposerait un jour.
Je me souviens avoir imaginé des aspirateurs autonomes en nettoyant ma chambre, puis les avoir vus apparaître dans des publicités quelques années plus tard — un rappel que j’étais bien trop jeune à l’époque pour transformer une idée en projet réel.
J’ai grandi avec des concepts et des ambitions, sans jamais vraiment m’y investir.
En 2024, tout a changé.
J’ai développé un intérêt fort pour l’horlogerie. J’ai acheté ma première montre mécanique et j’ai immédiatement été captivé : l’ingénierie, l’esthétique, le savoir-faire — tout me fascinait.
Avec un budget limité, j’ai commencé à assembler moi-même des montres à partir de composants Aliexpress, simplement parce que la curiosité ne cessait de grandir.
En 2025, ce qui avait commencé comme une exploration personnelle a naturellement évolué en marque. J’ai enfin compris ce que je voulais créer : une maison horlogère qui me permettrait de définir une identité esthétique propre, tout en mettant en pratique ma façon de penser d’ingénieur.
J’ai également constaté un problème récurrent : beaucoup des montres qui me faisaient rêver affichaient des prix inaccessibles. Mon objectif est donc devenu clair : concevoir des montres mécaniques distinctives, durables et bien pensées, à un prix juste — sans compromis sur les matériaux ni la finition.
En français, le nom de la marque contient un jeu de mots.
« Oscar Havane » sonne comme « Caravane », ce qui évoque immédiatement le voyage et l’exploration. L’idée vient d’une esthétique imaginée par un ami — je l’ai tellement appréciée que je l’ai tout simplement conservée.
Au lycée, nous appelions les squelettes de la salle de biologie « Oscar », et nous lui avions inventé une histoire : nous l’imaginions voyageant dans un désert au sein d’une caravane, buvant du whisky ou du rhum et fumant des cigares sur une chaise de camping la nuit — un personnage indépendant et détendu.
Cela peut sembler naïf, mais cette petite histoire que nous avions construite entre amis a façonné à la fois le nom et la direction esthétique de la marque.
Le logo, comme le nom, exprime l’idée de voyage et d’ambition.
Le « O » intégré au centre de la boussole est celui de « Oscar Havane ».
L’élément le plus significatif reste toutefois la ligne diagonale en forme de cicatrice : elle traverse la boussole du Sud-Ouest vers le Nord-Est.
En français, Ouest–Sud et Nord–Est donnent OS • NE, les deux premières et les deux dernières lettres de « Oscar Havane » — la « quatrième direction » propre à la marque.
Cette diagonale reprend également l’orientation de la fameuse « diagonale du vide » en France. J’y ai passé trois ans pour mes études, à Châteauroux. Cette période a eu une forte influence sur moi — autant dans ma découverte de l’horlogerie que dans les amitiés que j’y ai nouées.
Il faut parfois s’aventurer dans les endroits les moins attirants pour y trouver ce que personne d’autre ne remarque.
Cette idée est au cœur d’Oscar Havane, et elle est inscrite dans son logo.
En parallèle de mes études d’ingénieur, je souhaite apporter une approche moderne et transparente à l’horlogerie indépendante. Au-delà des montres elles-mêmes, ce projet est aussi un moyen de soutenir des causes qui me tiennent réellement à cœur — notamment la préservation des forêts tropicales et des écosystèmes sauvages.
À long terme, mon objectif est de réinvestir une partie significative des bénéfices dans le développement d’un calibre mécanique-hybride entièrement personnalisé, intégrant une boussole physique. Les aiguilles seraient entraînées par un mouvement automatique traditionnel, tandis qu’un affichage discret fournirait quelques fonctions essentielles inspirées des montres connectées. Ce serait une véritable avancée technique à échelle indépendante.
Mais ma vision dépasse largement la création d’une seule montre.
Les horlogers indépendants font souvent face aux mêmes difficultés : accès aux composants de qualité, conditions de fabrication équitables, innovation limitée par l’absence d’échelle industrielle.
J’aimerais qu’Oscar Havane s’inscrive progressivement dans quelque chose de plus large : un réseau collaboratif de micro-marques qui partagent leurs connaissances, mutualisent certaines ressources lorsqu’il est pertinent de le faire, et s’entraident sans renoncer à leur identité propre.
Je suis convaincu qu’une telle coopération peut conduire à une production plus responsable, à de meilleures conditions de travail et à un développement technique plus ambitieux.
Bien sûr, rien de tout cela ne change la priorité de ce premier lancement.
La Jungle Night reste au centre du projet : une montre fiable, bien conçue et assemblée avec soin.
Mais avec votre soutien, elle peut devenir la base d’une approche plus moderne, plus transparente et plus collaborative de l’horlogerie indépendante.


